Nous demandons du feedback. Mais qu’en faisons-nous ensuite ?

En bref

Les organisations investissent massivement dans des outils pour interroger leurs collaborateurs. Sondages pulse, entretiens de départ, tableaux de bord alimentés par l’IA… L’infrastructure permettant de recueillir des informations est impressionnante. Pourtant, beaucoup de personnes ont encore le sentiment de ne pas être entendues. Non pas parce que personne ne leur pose de questions, mais parce que trop peu de choses sont faites avec leurs réponses. Et cette différence est plus importante qu’on ne le pense.

Imaginez qu’un collaborateur remplisse un questionnaire en toute franchise, avec l’espoir que son feedback débouchera sur quelque chose de concret. Une semaine plus tard, les résultats apparaissent dans une présentation. Ce qui se passe ensuite reste souvent flou pour cette personne. Cela vous semble familier ?

Il y a de fortes chances que oui. Aujourd’hui, les organisations sont devenues très performantes pour poser des questions. Sondages pulse. Enquêtes d’engagement. Entretiens de départ. Analyses de sentiment. Plateformes de feedback. Nous construisons des systèmes impressionnants pour suivre le ressenti des personnes au travail.

Mais quelque part entre toutes ces questions et toutes ces données, un collaborateur se pose une tout autre question. Une question simple, rarement formulée à voix haute : “Est-ce que quelqu’un fait vraiment quelque chose avec mes réponses ?”

Écouter, ce n’est pas simplement recueillir des informations

Richard Clarke, expert en bonheur au travail, l’a récemment formulé d’une manière particulièrement juste : beaucoup pensent écouter. En réalité, ils recueillent des informations. Or, ce n’est pas la même chose.

Écouter véritablement demande un engagement. Cela signifie rester présent face à une réponse que l’on n’avait peut-être pas envie d’entendre. Accepter parfois de changer d’avis. Agir sur ce que l’on entend, même lorsque cela est inconfortable, coûteux ou implique une conversation que l’on aurait préféré éviter.

C’est précisément pour cette raison que l’écoute est facilement reconnue comme un principe, mais appliquée de manière si inégale dans la pratique.

Nous mettons en place d’excellents systèmes pour collecter des réponses. Nous sommes beaucoup moins structurés lorsqu’il s’agit de ce qui se passe ensuite.

Le véritable coût de ne pas écouter

Les collaborateurs ne décident que rarement, du jour au lendemain, de ne plus être engagés. Cela se produit par petites étapes. Une suggestion sincère qui reste sans suite. Une préoccupation balayée d’un revers de main. Une conversation importante sans cesse reportée.

Pris isolément, ces événements paraissent anodins. Ensemble, ils envoient pourtant un message très clair : faire preuve d’ouverture ne change pas grand-chose. Et c’est précisément à ce moment-là que la confiance commence à s’effriter.

C’est aussi là que beaucoup d’organisations se trompent dans leur analyse. Le silence qui s’installe ensuite est souvent interprété comme un signe d’adhésion. Alors qu’il peut signifier exactement l’inverse : quelqu’un a appris que son feedback ne changeait rien. Les idées, les questions et les signaux disparaissent progressivement sous la surface, parce que les expériences passées ont montré que s’exprimer ouvertement apportait peu de résultats. Peu à peu, la sécurité psychologique s’affaiblit.

Aucun outil de feedback au monde ne pourra ensuite réparer ce qui a été perdu. Car le problème n’a jamais été l’absence de mécanismes. Le problème réside dans ce qui ne s’est pas passé après.

La technologie peut faire beaucoup. Mais pas cela.

L’IA est capable de résumer des milliers de réponses en quelques secondes, de détecter des tendances, de repérer des anomalies et de générer des tableaux de bord en temps réel. Tout cela est réellement utile et ne doit certainement pas être sous-estimé. Mais la technologie ne peut pas donner à quelqu’un le sentiment d’être réellement entendu.

Se sentir écouté ne dépend pas seulement du fait que l’information circule correctement d’un point A à un point B. Cela tient au sentiment que la personne ou l’organisation de l’autre côté a pris votre expérience suffisamment au sérieux pour s’y arrêter un instant. Pour en faire quelque chose, même si ce n’est qu’un petit geste.

Pour cela, il faut un être humain. De l’attention. De la curiosité. Et parfois la volonté d’entendre ce que l’on aurait préféré ne pas entendre.

Le nouveau vocabulaire du monde du travail

Internet a désormais développé son propre vocabulaire pour décrire des expériences qui révèlent souvent un problème plus profond au sein des organisations.

Bare Minimum Mondays : commencer le lundi en ne faisant que le strict minimum, comme une manière discrète de préserver son énergie après avoir longtemps donné davantage que ce que l’on recevait en retour.
Quiet quitting : décider de ne plus faire que le travail pour lequel on a été engagé, sans fournir d’efforts supplémentaires au-delà des exigences de sa fonction.
Coffee badging : venir au bureau juste assez longtemps pour être vu, puis repartir discrètement. Ce que cela dit de la manière dont certaines organisations tentent de faire revenir davantage leurs collaborateurs au bureau, chacun en tirera ses propres conclusions.

Aucun de ces termes n’est né dans un document de stratégie RH. Pourtant, ils disent quelque chose d’essentiel aux organisations. Ils constituent une forme de feedback. Les personnes expriment bel et bien leur ressenti, mais elles le font de moins en moins via les enquêtes formelles ou les canaux prévus par l’organisation.

Écouter est un acte de leadership

Le suivi est donc au moins aussi important que l’enquête elle-même. Les collaborateurs ne s’attendent pas à ce que chaque suggestion soit mise en œuvre. En revanche, ils attendent de voir qu’il se passe concrètement quelque chose avec ce qu’ils partagent. Même lorsque la réponse est “non”, une explication ouvre souvent davantage de possibilités que le silence. La transparence sur les choix effectués et leurs raisons renforce la confiance et encourage les personnes à donner à nouveau un feedback sincère lors d’une prochaine occasion.

Cela a également un impact direct sur l’organisation. Les équipes dans lesquelles les personnes partagent plus facilement leurs préoccupations ou leurs idées résolvent les problèmes plus rapidement, apprennent davantage de leurs erreurs et saisissent plus facilement les opportunités d’améliorer leurs processus. Écouter n’est donc pas une compétence dite “douce”. Cela influence la manière dont les équipes collaborent, le niveau de responsabilité que chacun prend et, en définitive, le degré d’engagement des collaborateurs.

Chez Tryangle, nous sommes convaincus que le bien-être au travail et le bonheur au travail ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat d’un choix conscient. Et l’écoute véritable en constitue un pilier essentiel. Non pas comme une case à cocher dans un référentiel de compétences, mais comme une réelle volonté de prendre les personnes au sérieux.
Cela demande des responsables qui ne se contentent pas de poser des questions, mais qui savent aussi accueillir les réponses. Des responsables qui restent présents, assurent un suivi et acceptent parfois de revoir leur position.

Non pas parce que c’est facile. Mais parce que cela fait toute la différence.

La vraie question n’est donc pas : “Avons-nous suffisamment d’outils de feedback ?” La vraie question est : “Que faisons-nous réellement de ce que nous entendons ?”

Et maintenant ?

Aujourd’hui, recueillir du feedback est rarement le véritable défi. La difficulté commence après : comment transformer des signaux en conversations, des conversations en décisions, puis des décisions en comportements visibles ?

Tryangle accompagne les organisations de différentes manières :
– Par des formations destinées aux responsables qui souhaitent développer leur capacité d’écoute et oser mener des conversations difficiles.
– Par des accompagnements autour de la sécurité psychologique, du bonheur au travail et de cultures de feedback durables.
– Par des ateliers qui permettent aux équipes de remettre des mots sur ce qui se vit sous la surface.
– Et par un accompagnement stratégique afin que le feedback ne soit plus uniquement un outil de mesure, mais devienne un véritable levier pour améliorer la collaboration, renforcer l’engagement et réduire l’absentéisme.

Car redonner envie aux collaborateurs de s’exprimer ne commence pas par une nouvelle enquête. Cela commence par montrer que l’écoute met réellement les choses en mouvement.

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Pour les collaborateurs : “L’ABC de votre motivation”:
Une session interactive au cours de laquelle les collaborateurs explorent ce qui nourrit ou freine leur motivation au travail. À partir de la théorie de l’autodétermination, ils découvrent des leviers concrets pour renforcer leur motivation et leur engagement autonome.

Pour les responsables d’équipe et les managers : “Piloter le bonheur au travail”:
Cette formation aide les responsables à prendre les signaux de leur équipe au sérieux et à agir concrètement en faveur du bonheur au travail grâce à un plan d’action SMART, clair et directement applicable.

Pour les responsables d’équipe, les professionnels RH et les conseillers en prévention : “Le retour sur investissement de l’employee engagement”:
À peine un travailleur belge sur dix est véritablement engagé, alors que l’engagement favorise une productivité plus élevée, réduit l’absentéisme et renforce la fidélisation des collaborateurs. Cette formation vous montre comment faire de l’employee engagement un véritable levier stratégique au sein de votre organisation.

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Tryangle propose différents services (formation hors ligne et en ligne, consulting, coaching, teambuilding et inspiration tels que keynotes, webinaires et blogs) autour de tous les sous-thèmes possibles du bien-être et du bonheur au travail, et donc aussi autour de la résilience, du stress et de l’épuisement professionnel. Vous souhaitez en savoir plus sur ce que nous pouvons faire de plus en matière de bien-être et de bonheur au travail pour votre organisation et vos collègues ?

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A propos de l’auteure de cet article

Kim Hilgert est experte en corporate well-being et co-fondatrice de Tryangle. En tant que formatrice et consultante en bien-être, elle accompagne les entreprises dans l’élaboration et la mise en œuvre d’une stratégie de bien-être durable et d’une politique de bonheur au travail. Sa mission ? Augmenter la résilience de chacun pour plus d’engagement, plus de productivité et moins d’absentéisme.

Kim est une formatrice, une consultante, une animatrice de webinaires et une coach enthousiaste. Elle aime inviter à la participation interactive, à l’apprentissage par la pratique et à la réflexion critique. Kim préfère s’engager avec des exercices, des idées basées sur la science et des techniques immédiatement applicables.

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